La censure sur le web se durcit en Turquie

16 May

A Istanbul, les turcs étaient des milliers hier à descendre la rue Istiklal. Ils protestaient contre la nouvelle décision prise par l’Autorité de l’information et de la communication de limiter l’accès à certains contenus du web. Et les stambouliotes n’étaient pas les seuls,  31 manifestations se sont déroulées dans tous le pays, preuve d’un inquiétude généralisée chez les turcs.


Les messages : “Ne touche pas à mon internet”, “Internet : yes we ban”, “Internet est à nous et il le restera” ou encore des images de curseur avec le majeur levé s’étalaient sur les pancartes que brandissaient les manifestants. Comme cela était déjà le cas lors de la première manifestation relative à la liberté sur le net le 17 juillet dernier, la plupart des personnes présentes étaient jeunes, l’appel à manifester ayant circulé via Facebook et Twitter. Selon Bianet, plusieurs groupes étaient représentés dans la foule tels que : l’Association des utilisateurs de Linux, l’association de LGBTT “LambdaIstanbul” et les membres de plusieurs sites d’encyclopédies participatives (très appréciées en Turquie ndlr). Si Internet est un espace de liberté principalement pour cette nouvelle génération qui s’est donné rendez vous dans la rue, c’est pourtant bien tous les utilisateurs turcs qui seront touché par cette nouvelle régulation.

La Turquie concurrence la Chine ou L’Iran ?

5 500 sites internet sont déjà interdits en Turquie (Youtube et Google l’ont été pendant 2 ans).L’année dernière, L’A.I.C avait aussi décidé qu’une liste de mot seraient bannis de l’utilisation pour des noms de domaines. Principalement il s’agit de mots vulgaires, mais aussi des termes dont l’interdiction semble totalement incompréhensible tels que “belle sœur” ou “blonde”. Mais avec la nouvelle régulation, c’est une nouvelle étape que le pays s’apprête à franchir. En effet, l’Autorité de l’information et de la communication a annoncé ce mois ci que des filtres vont être mis en place pour limiter l’accès à certains contenus d’internet. A partir du 22 aout, les citoyens seront obligés de choisir parmi quatre catégories : “usage familial”, “usage par des enfants», «usage domestique” ou “usage standard”. Chacune de ces catégories déterminera quel site peut, ou ne peut être vu par les utilisateurs. Selon, Yaman Akdeniz, professeur de droit de l’université de Bilgi,la formulation de la nouvelle législation indique  que les visites sur des sites placés sur liste noire par l’A.I.C (Autorité de l’information et de la communication) seraient enregistrés dans ses dossiers. Et ce, même si les utilisateurs ont choisit l’usage “standard”, qui n’est pas censé être filtré.

“Ces mesures représentent une violation à la fois de la convention européenne des droits de l’homme et de la constitution turque” a dénoncé Reporters sans Frontières plus tôt ce mois ci. Et d’ajouter:  “Tout le monde devrait se voir garantir un accès sans restriction à Internet”.  Le président de l’A.I.C, Tayfun Acarer, nie cependant l’existence d’une quelconque censure dans cette régulation.

Avec cette nouvelle régulation, certains observateurs accusent Turquie de se rapprocher pas à pas du niveau de censure de pays comme la Chine, l’Iran, la Corée du nord, etc. Serhat Özeren, le président du conseil d’internet en Turquie répond qu’il n’est “pas contre les mécanismes de filtrage”. “Je n’approuve certainement pas l’usage qu’en font l’Iran et la Chine. Mais la pornographie enfantine est listé par les nations unies comme un des crime les plus graves et nous nous devons surtout de combattre cela.”

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