Chypre

20 Apr

Il m’aura fallu du temps avant de pouvoir écrire cet article… qui n’en est d’ailleurs pas un. Incapable d’avoir un récit  journalistique au sujet de cette île, voyez plutôt cet article comme un témoignage d’une simple touriste. Pour résumer ces quatre jours de springbreak passés sur place, deux mots pourraient suffire : plages et militaires. Plages parce que, bien sûr, on en trouve sur cette île qui rentrent facilement au palmarès des plus belles d’Europe.  Voila pour le côté bisounours. J’aurais pu rester d’un côté de l’île (en l’occurrence le côté turc sur lequel j’ai atterri), rester tranquille, rester peinarde, accoudée au flipper, allongée sur la plage avec un cosmo. Et, avec le recul, j’aurais peut être dû ! Mais je n’aurais alors rien à raconter…

La mer… qu’on voit danser, la la la la la la…

JOUR 1 :

Arrivée de  nuit, je n’avais pas prêté attention aux militaires turcs dont les casques bleus donnent une touche colorée aux paysages verdoyants de la campagne chypriote. C’est donc avec un regard amusé que je les ai vus pour la première fois gambader dans les prés, adopter des positions relativement intrigantes (mais d’une manière tout à fait synchronisée cela dit), ou, mieux encore, arroser les plantes à l’entrée de leur base. C’était alors ma première base, le premier jour, j’étais au milieu de nulle part et, surtout, j’étais en vacances ! Donc encore d’humeur à en rire. Puis trois de ces spécimens m’ont arrêté à un barrage au milieu de la route que j’empruntais gaiement. Ils m’ont expliqué le pourquoi du comment je devais faire demi tour par une combinaison tout à fait explicite d’un seul geste et d’un simple son. Pointant la route au devant de nous en agitant frénétiquement le bras et affirmant : “Boum !”.

Ah ? Ah! Aaaah.Bon. Ben…ok. Et ce n’était que le début.

JOUR 2 :

Quand l’idée “saugrenue m’a pris, le lendemain,  de traverser la frontière, je me suis retrouvé confrontée au problème suivant : les postes frontières NE SONT PAS indiqués. Menton est bien loin. Ici pas de joli panneau : “L’Italie, c’est par là”. Il faut dire que nos relations avec l’Italie sont bonnes… Et que tant que Carla se sacrifiera pour l’amitié entre nos deux pays, à priori, ce n’est pas prêt de changer !  A Chypre ce n’est pas la même chose. Je suis vite arrivée à la conclusion qu’il ne me restait plus qu’a demander mon chemin. Si les turcs que j’ai interrogé étaient prêts à indiquer ladite frontière, du côté grec, en revanche, que neni. Toutes les personnes a qui j’ai  demandé ma route m’ont ignoré ou encore m’ont répondu qu’elles “ne savaient pas de quoi je parlais”.  La durée d’une heure est donc devenu le temps réglementaire durant mon séjour pour trouver le poste frontière. Tous les moyens sont bons : la carte bien sûr (mais cela dit, il est impossible de trouver une carte de chypre valable sur place. La totalité de l’île n’est jamais représentée, en détail… Côté turc, le côté grec est indiqué comme une sorte de désert et inversement) mais aussi l’instinct, l’orientation du soleil, TOUT. Et là, une fois à l’arrivé à la dite frontière, ce n’est pas le moment de paraître impoli ou suspect. Il faut afficher un beau sourire et croiser les doigts en sortant de la voiture de location, armée de son seul passeport. Et c’est LA, à ce qu’on réalise à quel point nous, les européens, sommes des enfants gâtés. On se balade d’un pays à un autre, facilement, sûrs de nos droits… Mais là non. Pas de problème pour aller en Grèce. Pas de problèmes pour aller en Turquie. C’est pour passer de l’un à l’autre que cela pose problème (cf le mur qu’ils veulent construire). Surtout en voiture de location. Louée côté turc. L’agence avait “oublié” de me donner le papier qui dit que je peux passer. Passons sur le regard intimidant de la douanière qui vérifie qu’AUCUNE marchandise turque quelle qu’elle soit n’est transportée. Passons sur sur le petit désagrément provoqué par le fait que, pour prendre une photo, il faut prendre l’habitude de vérifier que la  base militaire la plus proche n’est pas trop près. Car bien sur, il est interdit de les photographier. Enfin, passons sur mon amie américaine qui s’est entendue dire par un chauffeur de taxi grec “Où était votre pays quand nous avions besoin de vous?” d’un ton agressif.

Le but de ce billet était aussi et surtout de donner une petite idée de l’atmosphère qui peut peser sur deux peuples sur un territoire de quelques centaines de mètres carrés seulement. Il ne s’agit pas ici de juger. Quand les turcs décident d’installer le plus grand drapeau turc constitué de petites lumières sur la chaîne de montagne proche de la capitale de telle façon qu’il soit visible de très loin comme pour rappeler leur présence aux grecs; ceux-ci, quant à eux, indiquent l’autre partie de l’île comme étant “occupée”. Quand les grecs affublent la place d’un de leur village de statue à l’effigie de vaillants soldats; les turcs, quant à eux, ouvrent les portes du “musée du barbarisme”, soit la maison d’une famille turque tuée par les soldats grecs laissée en état. Je ne suis pas capable de dire qui a raison et qui a tort. Juste de trouver ça dommage et douloureux.

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