Lettre de Mazlum Tekdağ, prisonnier en grève de la faim

29 Oct

“Our demands will either be accepted or the strike will end in death”

Le parti turc pour la paix et la démocratie publie sur son blog une lettre reçue par leur membre Mazlum Tekdağ qui a commencé une grève de la fin en septembre. Lancé par plusieurs prisonniers à travers le pays, ce mouvement de protestation s’est initialement mis en place pour protester contre l’emprisonnement en isolation de Abdullah Oçalan, leader du parti kurde PKK. Suivie et relayée, cette grève fait aujourd’hui office de nouvelle tentative pour les partisans de la cause kurde de faire entendre leur voix.

Voici un extrait traduit de la lettre de Mazlum Tekdağ, rédigée à l’intention de Gultan Kisanak, co-présidente du parti :

Ma chère soeur, tu dois avoir entendu la nouvelle. Avec un groupe de camarades, nous avons commencé une grève de la faim sine die le 12 septembre 2012. Nous sommes 15 pour l’instant. En dehors de Tayip et moi, tu ne dois pas connaitre les autres. […]

Nous n’avons pas mangé depuis la semaine dernière. Cette fois nous sommes déterminés ma soeur. Si notre demande n’est pas écoutée nous mourrons. Nous sommes sérieux. Nous avons expliqué cela dans tout nos textes et pétitions et nous l’avons aussi déclaré au public. Personnellement, je me suis déjà préparé à ce possible résultat et je pense que les autres aussi sont prêts. Tant que nous garderons cette volonté  cette fois, cet espoir et cette détermination, on ne se préoccupera ni de nourriture ni du monde. 

C’est tellement dommage que nous devions passé par tellement de douleur et de pleurs. Ce malaise causé par la guerre nous affecte tous. Nous devons mettre fin aux morts et aux bains de sang. La bataille pour la liberté du peuple kurde est toujours supprimé par des moyens injustes et des pratiques irrespectueuses de la loi. La langue, la culture, l’identité du peuple kurde est ignorée. Ses demandes politiques sont totalement isolées et liquidées par des actions politiques et militaires. Nous devons résister à ces pratiques. […] Le procédé actuel est chaotique. Difficile d’anticiper son évolution et les résultats qu’il va entraîner. Nous essayons donc de prendre part à la lutte en affaiblissant nos corps. Enfermés par ces quatre murs, il n’y a pas grand chose d’autre que nous pouvons faire contre la cruauté des tyrans.    

Ma chère soeur, je ne sais ni quand ni comment cette grève se terminera. Quoi qu’il en soit, je ne perdrais jamais ma foi, ma morale et ma confiance en notre bataille. Toi et nos amis avec qui je me bat, vous m’encouragez dans cette voie. Je vais arrêter d’être bavard maintenant. Je ne veux pas t’embêter. Si un jour nous nous revoyons, nous préparerons un repas ensemble et je n’ai pas changer d’avis sur ta coupe de cheveux ! […]

C’est tout pour le moment, nous t’aimons tous.”

Pour lire l’intégralité de la lettre en anglais : http://bdpblog.wordpress.com/2012/10/28/mazlum-tekdags-letter/

Etre Erasmus à Istanbul – La vie quotidienne

24 Oct

De tous les pays disponibles en Erasmus, la Turquie est sans nul doute celui qui impose le choc culturel le plus important. C’était la raison de mon choix, et je ne l’ai pas regretté. Istanbul est la ville la plus vivante où il m’est jamais été donné d’aller. D’un autre côté c’est aussi la première métropole dans laquelle je me suis installée.

Y vivre est un tourbillon permanent de découvertes et d’animations en tous genres, de jour comme de nuit. Culturellement, politiquement, socialement… Istanbul ne dort jamais. Et c’est ce qui fait son caractère. Capricieuse, cette capitale (au sens culturel du terme) vous montre différents visages selon le temps (aussi bien la météo, que le temps qui passe). Avec son urbanisme chaotique, elle vous montrera ce que vous vous attendiez à voir dès les premiers jours. Pour ce qui est de ses recoins secrets, en revanche, c’est une autre histoire. Telle une quête perpétuelle du St Graal, il faut fouiller, fouiner, sortir des sentiers battus, marcher… Pour trouver des endroits magiques, et d’autres, plus simples, qui deviennent des repères et permettent de s’approprier le lieu, de se sentir un peu chez soi.
Le climat est à peu près le même qu’à Lyon par exemple, à une chose près : le niveau d’humidité. Si vous pouvez avoir 12° sur le thermomètre un jour où il fait aussi 12° à Lyon, les vents humides des abords du Bosphore entraineront un ressenti plus autour de 8-10°, selon les jours et leurs forces. A savoir : si le froid est humide, la chaleur l’est aussi.

Etre Erasmus à Bilgi, Istanbul

24 Oct

Vous êtes ou vous apprêtez à devenir étudiant erasmus à Bilgi,  la prestigieuse université internationale stambouliote, voici quelques observations sur la vie universitaire qui pourraient vous intéresser. Elles sont basées sur ma propre expérience (à prendre en tant que telle) après y avoir passé un semestre en 2011.

La vie universitaire (et ses affres…)

Récente, moderne, privée, Bilgi est une très bonne université. Ses trois campus sont agréables, particulièrement celui de Santral, certes éloigné du centre, mais dont les espaces verts et la modernité des bâtiments en font un endroit agréable où il fait bon étudier. A Dolapdere, le campus plus central, se trouve le bureau des relations internationales avec lequel vous devrez communiquer assez régulièrement, mais aussi les salles de sports (danse, basket et musculation) et la piscine couverte. Enfin, à Kustepe, le campus le moins populaire (pour ses locaux et sa situation), on trouve les bureaux des responsables administratifs qui s’occupent notamment des formalités d’inscriptions…
Système administratif :
Celui-ci est un peu alambiqué. C’est sans doute à cause de cela que j’ai été acceptée à Bilgi seulement pour un semestre quand j’avais demandé un an. Il m’aura fallu au total un an de travail, de négociations, de paperasses… pour arriver à avoir une confirmation définitive de mon départ en Janvier.
Une fois sur place les choses ne sont pas plus évidentes. Il est, bien sûr, nécessaire de s’inscrire physiquement. A ces fins un rendez vous vous est donné à Kustepe, sans que vous soit vraiment expliqué le lieu où il se déroulera. Evitez d’être en retard ! Là, suite au remplissage de quelques formulaires et après vous avoir pris en photo, on vous fournira une carte d’étudiant (indispensable, notamment pour rentrer dans le campus de Dolapdere) et, de façon aléatoire, certains ont droit à une carte de transport qui vous permet de payer un tarif réduit. Ne pas hésiter à la demander si on ne vous en parle pas.
Mais c’est après cette étape que les choses se compliquent. Il s’agit maintenant de replonger une nouvelle fois dans le catalogue des cours proposés. Ils sont très nombreux. Le problème qui s’est posé à la majorité des Erasmus est qu’il est très difficile de trouver des cours qui soient véritablement en anglais (même s’ils ont été présentés en tant que tel dans le catalogue). Et il faut aussi se méfier des cours qui pourraient être annulés, faute d’avoir atteint le nombre minimum d’élèves. Un rendez vous sur internet vous est ensuite donné, et là les étudiants ont une heure pour enregistrer les cours choisis, sachant que :
– Le professeur de chaque cours choisi doit vous avoir donné un accord verbal suivi d’une confirmation dans le serveur intranet, sans quoi l’enregistrement du cours posera problème au dernier moment, et il s’agira alors de trouver le professeur en question et de lui demander de retourner sur son ordinateur pour redonner son consentement. Le tout dans un labs de temps très limité avant que votre rendez vous en ligne n’arrive à sa fin.
– Votre « advisor » doit avoir lui aussi valider tous vos choix verbalement ET sur le serveur. Il est censé vous aider durant toute la procédure.

Le déroulement des cours :

Cours d’une durée de 3 heures : 2 heures de cours données par le professeur + 1 heure de questions réponses avec l’assistant du professeur.
De manière générale les cours que j’ai suivis ont été très interactifs, le rapport professeur-étudiant est beaucoup plus intéressant qu’en France, les professeurs sont d’ailleurs très accessibles et n’hésitent pas à donner leur numéro de portable à leurs étudiants. Sans que la relation en soit moins respectueuse pour autant. Les sujets d’enseignements sont aussi beaucoup plus modernes. Et le travail demandé est prenant aussi bien au niveau du temps que de l’intérêt suscité.
Etudier à Bilgi a été ma meilleure expérience étudiante, très enrichissante et stimulante au point de vu de la réflexion.

Etre Erasmus à Istanbul – Telecommunications

24 Oct

Quelques conseils au niveau des telecom si vous êtes ou pensez à devenir Erasmus à Istanbul…

Sujet délicat et relativement obscur. Il serait apparemment possible en enregistrant son téléphone français auprès d’une compagnie turque (et après l’avoir préalablement débloqué en France) de le rendre compatible avec une carte sim turque. Pour certains cela marche, pour d’autre cela a marché une semaine, d’autres enfin attendent toujours. La solution la plus simple à mon avis est de se rendre dans une petite boutique non officielle de téléphonie et d’acheter un téléphone de seconde main (le mien m’a couté une vingtaine d’euros) et d’utiliser une carte sim Turkcell (la compagnie au réseau le plus développé en Turquie) achetée dans un magasin officiel au prix de 5 euros. Ensuite il suffit de recharger au comptoir des magasins (très nombreux partout dans la ville). Le prix de la minute est assez faible, en revanche le prix du texto est d’environ 0,20 TL. Il est cependant possible de souscrire après rechargement à une option 5000 sms utilisables sur un mois pour 12 TL (Il suffit, après rechargement, d’envoyer un sms avec un code à un numéro spécial, et les 12 TL seront « prélevés » de la somme totale de votre rechargement pour n’être consacrés qu’aux 5000 sms. A vous de recharger d’un montant supérieur à 12 TL si vous souhaitez aussi passer des coups de fil. Renseignez vous auprès d’un vendeur anglophone en magasin, il y en a toujours un.) Il suffit donc de se rendre tous les mois à votre boutique Turkcell la plus proche pour recharger à votre guise, sans engagements.

Etre Erasmus à Istanbul – Santé

24 Oct

Quelques conseils pour tout ce qui concerne la santé si vous êtes ou pensez à devenir Erasmus à Istanbul…

Plusieurs hôpitaux étrangers sont situés dans le centre d’Istanbul (Hôpital allemand par exemple). N’ayant pas eu l’occasion de m’y rendre personnellement, je peux seulement répéter ce que j’ai entendu à leurs sujet : il n’est pas toujours facile d’y trouver du personnel anglophone, francophone ou germanophone. Cela dit les soins y sont apparemment de bonne qualité. Pas d’inquiétude à avoir donc. Les prix des médicaments en pharmacie sont proches de ceux pratiqués en France. La Turquie n’étant pas compté comme faisant partie de la zone Europe, j’ai souscris un contrat international à la mutuelle de la LMDE. Ce contrat de 7 mois m’aura couté 17 euros par mois.

Etre Erasmus à Istanbul – Budget

24 Oct

Quelques conseils pour le budget si vous êtes, ou pensez à devenir, un étudiant Erasmus  Istanbul…

Au jour d’aujourd’hui le taux de change est de :

1 euro = 2,50887344 lires turque

La vie est un peu moins chère qu’en France mais, bien sur, tout dépend des quartiers (les boutiques de vêtements de la rue Istiklal, à Taksim, pratiquent les mêmes prix que ceux trouvés en France). Cela dit, il est possible de manger dans un restaurant un peu chic dans ce même quartier pour une quinzaine d’euros par tête. Enfin, une fois sorti des sentiers battus, le prix d’un repas peut descendre en dessous des 5 euros et toutes sortes d’articles peuvent être trouvés à des prix défiants toute concurrence. Cela dit la qualité n’est pas toujours de mise. Quant aux courses du quotidien, les supérettes pratique des prix raisonnables, mais c’est encore sur les marchés que l’on trouve les produits les plus frais et à des prix dérisoires (cf. marché de Tarlabasi). Les transports sont chers.
La plupart des banques prélèvent entre 4 et 6 euros par retrait (quel qu’en soit le montant) à l’étranger et notamment en Turquie. J’ai pour ma part souscrit à un contrat Jazz international disponible pour les Erasmus à la Société Générale qui me permettait de ne pas payer ces frais moyennant un forfait à 7 euros par mois. La plupart des étudiants Erasmus que j’ai connu ici s’organisaient en faisant des gros retraits le moins souvent possibles.

Etre Erasmus à Istanbul – Logements

24 Oct

Quelques conseils pour le logement si vous êtes, ou pensez à devenir, un étudiant Erasmus  Istanbul…

Note : cet article s’adresse plus particulièrement à des étudiants de Bilgi.

Deux possibilités s’offrent à vous au niveau logement : un logement particulier ou le dortoir de la fac. Voici mes observations basées sur mon expérience personnelle (à prendre en tant que telle) :

Logements auprès de particuliers :
Il est tout à fait possible de trouver un logement loué à un particulier à Istanbul. Particulièrement étudiante et attirant beaucoup d’Erasmus, la ville à même certains quartiers où les logements destinés à être loués aux étudiants sont nombreux. Plusieurs choix sont possibles au niveau des quartiers :
– Besiktas, quartier vivant proche du Bosphore
– Taksim, centre névralgique de la rive européenne
– Cihangir, près de Taksim, quartier « chic » peuplé d’occidentaux (http://www.cityzeum.com/le-quartier-de-cihangir)
– Tarlabasi, près de Taksim, quartier très populaire
En fonction des quartiers cités ci-dessus, qui sont tous proches du centre et où la plupart des Erasmus que j’ai côtoyés habitaient, les prix varient légèrement. Si Tarlabasi est moins cher que Cihangir, il faut malgré tout savoir que les prix à Istanbul restent ceux d’une grande ville française. La colocation est donc, comme partout, plus intéressante.
J’ai de mon côté trouvé par chance un appartement à 10 minutes de Taksim que j’ai partagé avec un colocataire. Situé dans des petites ruelles avec toutes sortes de commerces de proximité, il s’agissait de l’appartement d’un étudiant turc parti en Erasmus en Espagne. Grand d’à peu près 50m2, très bien entretenu et meublé, le loyer s’élevait à 680 euros par mois, charges non incluses. Charges qui, elles, sont un peu moins chères qu’en France. Attention cependant. Nombreux sont les Erasmus qui ont eu à se plaindre de leur propriétaire : visites impromptues et non justifiées, engagements verbaux non tenus, grosse facture présentée au moment du départ… Les turcs ne sont généralement pas malhonnêtes (la plupart des agences lyonnaises n’en font d’ailleurs pas moins concernant les factures de dernières minutes), une négociation dans le calme porte souvent ses fruits, il faut prendre garde malgré tout à ne pas prendre les choses à la légère en amont pour le regretter par la suite.
Logements dans les dortoirs de Bilgi :
Situés a proximité du Bosphore dans le quartier de Tophane, les dortoirs de Bilgi ont autant d’avantages que d’inconvénients.

Avantages :
– Sécurisés : il est interdit d’y entrer sans laisser à l’entrée une pièce d’identité pour les visiteurs (qui doivent être accompagné par un résident, ce dernier étant responsable de son visiteur). Les visites ne sont pas possibles au-delà de 22 heures. Bien sur, l’alcool est interdit.
– Entretenus : une femme de ménage passe chaque jour dans les chambres
– Conformes aux normes antisismiques : ce qui est utile et pas si courant à Istanbul
– La salle de travail : située au dernier étage, elle est simple mais assez agréable
– Les sanitaires sont individuels, récents, et propres
– Enfin, la vie dans les dortoirs permet de rencontrer plus facilement des étudiants turcs
Inconvénients :
– Les salles communes sont souvent sales. Certains étudiants turcs n’ayant pas beaucoup de respect pour les femmes de ménage ni pour les autres utilisateurs, ils ont pour habitude de laisser leur vaisselle salle, leurs cartons de pizza vides… abandonnés sur la table ou le sol.
– Le bruit : inhérent à la vie en communauté.
– La difficulté pour communiquer : le manager des dortoirs, principal interlocuteur des étudiants, ne parle que très peu l’anglais. Le reste du personnel ne le parle pas du tout
– Le petit déjeuner « inclus » se résume à du pain et du café en poudre
– Certaines chambres sont plus lumineuses que d’autres, une chose est sûre, je ne connais aucun étudiant qui a « la vue sur le Bosphore » promise sur le site internet.